76 - Ecriture sur images
Peut-être connaissez-vous le superbe blog photographique de Barbarette. Dans le cas contraire, cet exercice sera pour
vous autant une invitation à écrire qu'à découvrir cet univers visuel très singulier, allant du réalisme à la magie, que seul un photographe de talent peut révéler sur ses clichés.
Il vous est proposé cette fois de vous inspirer des trois images de Barbarette reprises ci-dessus, constituant la série "Need to Escape", pour écrire un ou plusieurs textes. Aucune autre
contrainte, de genre, de thème, de style, ne vous est imposée. Laissez simplement les images vous raconter leur histoire... et faites-la partager à vos lecteurs et à la communauté.
ATTENTION : les images sont utilisées en accord avec Barbarette, et ne sont pas libres de droits. Si vous souhaitez
les reprendre pour illustrez vos textes, contactez Barbarette ainsi que le blog d'Ecriture Ludique
LA BELLE
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Voilà trois jours que Jo courait et il ne cessait de penser à elle. Lorsqu'enfin il déboula sur le chemin des bois qui le mènerait à la petite maison, il se mit à
marcher, comme avant, avant l'arrestation et la prison, quand le soir il rentrait à pas tranquilles chez sa Marie Belle.
Ah ma Marie Belle! Souviens toi ces jours de bonheur dans notre cabane. Souviens-toi de ces instants si doux. Tes éclats de rire
m'ont suivi partout jusque dans la grisaille de ma cellule. Tu es si belle lorsque tu te lèves le matin et que tu tires le volet de la fenêtre au dessus du lit. A cet instant, le soleil illumine
ta tignasse rousse et tu m'aparais comme un ange, un ravissement.
Alors qu'il avançait le coeur en paix sur le chemin dans les bois, des rumeurs de chiens et de matons le tirèrent des bras de sa marie Belle. Bien sûr, il n'était pas difficile
de deviner où Jo irait se réfugier après son évasion. Il forcit l'allure. Il fallait voir Marie Belle avant de se faire serrer.
Tu parles trop Jo! Tu parles bien trop et tu ne réfléchis pas beaucoup!
Ah ma Marie Belle! Je n'aime pas tes colères. Je sais, je t'en ai tant fais voir avec mes histoires. Mais je déteste lorsque tu m'engueules et que tes jolis yeux
bleus deviennent aussi froid qu'une tempête de grêle. ils me fixent et me suivent comme les flingues des flics et moi je tourne en rond dans la cuisine sans savoir que faire pour leur
échapper.
Mais, dans sa cavale, Jo était persuadé que Marie
n'aurait pas ces yeux là ce soir. Non, pas un jour comme aujourd'hui. Cette petite brise qui lui caressait le visage et traversait sa chemise, elle avait la douceur de la peau de Marie Belle, pas
vrai?. Et puis les arbres dorés par le soleil de tout un été lui rappellaient sa chevelure. Voilà bien des signes. Et puis, c'était leur anniversaire à eux, le pourquoi de cette nouvelle galère.
Il tenait absoluement à dire à sa Marie Belle qu'il l'aimait plus que tout.
Lorsqu'il arriva devant la petite maison, il pouvait entendre les hurlements des policiers, tout proches désormais. Pourtant il s'arrêta net en face de la fenêtre de la
cuisine. Il souriait, il était heureux : elle se tenait là, derrière les carreaux.
Malheureusement elle avait son regard des mauvais jours.
Jo se dit en lui même comme une prière :
Oh oh, ma
Marie Belle! Ca n'est pas le moment de déclamer des mots d'amours on dirait! Je déteste quand tu as ce regard. J'ai l'impression qu'il me dit: Tu vois, Jo, t'en as rien à foutre de
moi!
Tu sais bien que ça n'est pas le cas, vraiment pas.
'Faut pas m'en vouloir mais je suis crevé. Cette fois je crois bien que
je vais me faire la belle, le temps que tu te calmes un peu.
Oui, je reviendrais un autre jour. Et, c'est sûr, je
retrouverai tes éclats de rire et tu seras toute belle dans le soleil de la fenêtre de notre chambre.
Je t'aime tant.
Et Jo, un peu triste,
s'échappa des beaux yeux de sa douce Marie Belle. Une évasion de plus à son compte, Il s'engouffra dans les bois poursuivi par une douzaine de policiers et toute une meute de chiens.
